Pas un camarade qui ne commence chaque discussion avec cette lancinante question, la seule d’ailleurs qui nous servait de guide lors de ce voyage d’étude. La paix a t-elle une chance ?

Je vais essayer d’identifier les points de blocages dont nous avons pu discuter lors de notre voyage.

Au préalable, je vous invite à lire une de mes notes consacrée à ce sujet, qui date de  septembre dernier; je ne retire aucun mot de ce que j’ai pu écrire à l’époque. Un autre document me semble aussi extrêmement utile à consulter : les « accords de Génève » (le lien redirige vers le texte en français), proposition élaborée par d’anciens dirigeants palestiniens et israéliens sur les points d’achoppements.

Je vais assez vite sur la question des frontières : des accords sont possibles, et demandent à chacun des sacrifices. C’est d’ailleurs tout l’enjeu de la colonisation. J’ai été rassuré sur un point : un accord de paix inclurait de facto le démantèlement des colonies présentes sur le territoire  défini de la Palestine; ceci est accepté par tous, à tel point qu’un marché spéculatif s’est formé dans l’investissement immobilier dans les colonies (le démantèlement donnerait lieu à une indemnisation par le gouvernement israélien…). Et quand bien même chaque concession de part et d’autres serait disséquée, étudiée, critiquée, (et j’inclus Jérusalem dans ce propos, au sujet de laquelle la communauté internationale doit inventer des solutions) un accord global emporterait l’assentiment de la majorité des gens, qui aspirent à vivre en paix.

La question de la volonté ou non d’aboutir à la paix de part et d’autres est aussi un sujet de débat. Ma certitude est toujours que, si la volonté de faire la paix avec ceux d’en face peut-être questionnée, la volonté de vivre soi-même en paix est manifeste. Israël pensait résoudre l’équation (vivre en paix sans la paix) avec le mur de sécurité; mais celui-ci revoit sa propre responsabilité à la société israélienne dans la dégradation des conditions de vie des palestiniens, et la radicalisation des discours anti-Israël.

La question de la sécurité des deux états est aussi importante; mais aucun autre pays ne se presse pour assumer la mise en place d’une force de paix transitoire (alors que nos soldats ne sont encore tuer en Afghanistan, et sont encore présents en Irak).

Des solutions existent. La confiance mutuelle, par contre, est inexistante.

Je vais volontairement vite pour arriver à mon questionnement :

Ceux qui doivent mettre en place les solutions de paix sont face à une contradiction très forte : leur discours semble en décalage avec la réalité, celle d’une urgence sociale.

Il y a au final des points communs entre les dirigeants israéliens et palestiniens : ils récusent tous l’implication de la communauté internationale dans le règlement politique (limitant leur action aux « photos et à l’argent pour reconstruire », ce qui est évidemment indispensable); ils pensent tous que le temps aidera à trouver un accord, tant la défiance entre les deux camps est forte aujourd’hui.

Cette similitude dans la démarche, peu attendue, nous rassura dans l’espoir d’une paix possible.

Mais, avec le recul, je vous livre des éléments de réflexion; et j’attend les retours en commentaire de tous ceux qui le souhaitent, mon avis n’est vraiment pas fait sur cette question.

Je me demande si cette position commune n’est pas dangereuse.

La situation vécue, dans les camps de réfugiés notamment, est alarmante. Le désespoir du au chômage, les difficultés rencontrées, sont énormes; et le contexte économique mondial n’annonce pas de lendemain plus joyeux.

Peut on se satisfaire d’une position commune qui consisterait à dire : « laisser nous trouver des solutions seuls, mais cela va prendre du temps » ? Ou bien est plutôt au mieux un aveu d’impuissance, au pire une posture intellectuelle pour laisser pourrir une situation qui semble insoluble; ce qui nécessiterait une intervention forte de l’extérieur pour trouver des solutions, car l’urgence sociale est là ?

J’attend votre point de vue !