Jérusalem – Palestine
Je retrouve enfin un (véritable) accès internet gratuit ! Juste un mot pour vous dire que vous pouvez retrouver mes photos et celles de Romain ici.
Aujourd’hui (29 janvier) nous avons enfin visité la ville de Jérusalem, ville époustouflantes pour ses nombreux monuments religieux (d’autant plus que la ville est centrale pour les trois grandes religions monothéistes), ses différents quartiers, le contraste entre l’histoire et le présent… Nous avons passé la matinée à visiter la vieille ville de
Jérusalem (je vous laisse découvrir les photos).
Avant de partir de Jérusalem pour essayer de nous rendre à Hébron (dont l’accès avait été fermé la veille suite à la mort de deux Palestiniens par un colon), il nous a fallu traverser la ville et ses quartiers. Partant de l’église du Saint-Sépulcre pour nous rendre porte de Damas pour chercher un moyen d’aller à Hébron, nous avons été saisi par le contraste entre les différents quartiers, au détour d’une rue, d’un carrefour. En 10 min de marche à peine, on passe ainsi d’une place remplie de touriste à un marché arabe typique, en passant par un long passage du quartier juif.
Arrivés à la porte de Damas, nous constatons qu’aucun bus ne se rend à Hébron aujourd’hui encore. Après quelques négociations rapides, nous trouvons un conducteur qui accepte néanmoins de nous y amener.
Après quelques minutes, nous passons le check-point très facilement (nous ne sommes même pas arrêtés, contrairement à de nombreux véhicules dans l’autre sens).
La route que nous suivons est encadré dans le mur de sécurité pendant quelques kilomètres. Une fois la vue a nouveau dégagée sur notre gauche, nous apercevons au loin une colonie israélienne; gigantesque citadelle blanche au milieu du désert, comme suspendue au dessus du sol…
Au détour d’un rond-point, une forte présence militaire israélienne barre la route. Impossible de continuer la route pour les voitures; et malgré notre volonté d’expliquer au soldat le but de notre présence, le chauffeur fait demi-tour sans insister.
Nous décidons de nous rendre à Bethléem, ville majoritairement composée de chrétiens. L’entrée dans la ville se fait par un check-point… palestinien, présence plutôt symbolique qui amène ce commentaire de notre chauffeur, Ahmed :
« Ici, nous n’interdisons à personne d’entrer ! »
Ahmed vit à Jérusalem-Est. Il y est né, et a donc la citoyenneté israélienne. Ses parents, comme de nombreux arabes vivant à Jérusalem, sont restés sur place après la guerre de 1948. Les échanges avec lui synthétisent bien les discussions que nous avons eu avec les habitants de Bethléem. Pour lui, la situation s’est nettement améliorée pour les habitants de Jérusalem-Est et des environs. Les déplacements sont plus faciles, mais chaque ville peut être fermée en un éclair, pour des durées indéterminées. Pour lui, la question des frontières n’est pas un véritable problème : les révélations récentes montrent bien qu’un accord n’est pas impossible. Il en va de même pour pour les colonies.
Pour Ahmed, la question est celle de la nature d’Israël. Etat juif, état des juifs, état pour les juifs… Les différences importent peur pour lui qui veut vivre en paix là où il est né, et se sent discriminé, rejeté par cette définition. Il pense même que l’acceptation d’Israël comme état juif signifierait même son expulsion immédiate.
Nous remontons vers Jérusalem par une route qui longe le mur de sécurité. Contraste saisissent entre des maisons d’une banlieue prospère de Bethléem, et ce mur de béton où les jeunes viennent écrire leur colère. Notre volonté poussée de prendre des photos du mur (il faut dire que rester bloqué 30 minutes à voir les voitures contrôlées une par une n’est pas très passionnant) sera d’ailleurs remarquée : il nous faudra montrer au soldat du check-point les photos prises pour pouvoir récupérer nos passeports.

La soirée s’est terminée par une réception au consulat de France à Jérusalem, en présence du consul Rémy Desagneaux, qui s’est prêté au jeu des questions-réponses. Rappelant la position de la France (2 états avec une capitale commune, Jérusalem, sur la base des frontères de 1967), il est revenu sur le travail de la France, notamment sur la question des fonds internationaux à destination de la Palestine.
Demain, une grande journée nous attend : Ramallah (et notamment une rencontre avec Yasser Abed Rabo), Naplouse et le camp de réfugiés de Balata, suivie d’une soirée à ABou Gosh.
