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2012 – TVA « anti-sociale »

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Je n’ai pas été très actif ici durant la fin de l’année 2011. Mon mandat au MJS a pris fin (je reviendrais peut-etre sur cette expérience ici), j’ai commencé un nouveau travail passionnant, qui m’implique énormément… Et j’avais certainement besoin de me poser quelques questions sur mes engagements, et sur la suite à leur donner. J’espère en tout cas avoir le temps de publier ici un peu cette année…

 

Nicolas Sarkozy est au plus mal. Sa côte de popularité est extremement basse, la confiance en son action l’est d’autant plus, et il apparait désormais clairement que son action durant quatre ans a renforcé les bases de la crise. La hausse du chomage ne s’arretera pas, l’euro est toujours en crise, la consommation décroche. La France va dans le mur, et Sarkozy sait qu’il est sera tenu entièrement responsable.

Sachons rappeler que la droite a aggravé les déficits publics structurellement (avec les cadeaux fiscaux), fragilisé les créations d’emploi en rendant moins chere pour une entreprise une heure supplémentaire qu’une heure d’une salarié nouvellement embauché (avec les exonérations de cotisations sociales), cassé de nombreux droits essentiels pour la majorité des salariés (notamment le droit à la retraite à 60 ans). C’est la politique responsable de la crise qui est encore à l’oeuvre aujourd’hui !

Le cynisme de la droite est absolu : elle alterne décisions injustes comme la hausse dramatique de la taxation des mutuelles, et cadeaux aux amis avec la baisse de la TVA dans la restauration.

C’est d’ailleurs peut-être l’exemple de la restauration que le gouvernement a en tête au moment d’augmenter la TVA : puisqu’une baisse de la TVA pour la restauration n’a eu quasiment aucun effet sur les prix et les embauches, une hausse de cette même taxe n’aura donc aucun effet négatif sur les tarifs !

Il faut être bien naïf pour croire cela; d’ailleurs une partie de la majorité présidentielle s’exprime pour afficher des doutes quand à la hausse de la TVA.

Au final, Nicolas Sarkozy joue là son va-tout : puisqu’il est au plus mal, autant faire feu de tout bois, et tenter un coup de poker : assumer, contre vent et marées, une décision impopulaire. Encore une fois, c’est l’avenir personnel d’une petite caste, et non l’interet général, qui va déterminer l’avenir des citoyens français.

Ne nous laissons pas faire !

La gauche a dénoncé cette décision, et reviendra dessus si elle gagne en mai et juin 2012.

Mais nous ne pouvons attendre une victoire tant qu’elle n’est pas encore acquise. Les syndicats dénoncent tous un sommet « social » factice. Il nous faut nous organiser aujourd’hui pour dénoncer les dernières réformes de Nicolas Sarkozy, et pousser au coeur des discours des candidats de gauche des thématiques importantes, autour des salaires, de l’emploi, des conditions de travail, de la République et du vivre-ensemble, et à travailler au rassemblement de toute la gauche, en mai et juin 2012.

 

C’est pourquoi je vous invite, comme première étape, à signer cette pétition :

http://nonalatvasociale.blogspot.com/

et à la relayer autour de vous.

L’année 2012 s’annonce passionnante, car en quelques semaines l’avenir de notre pays va s’écrire; et il faudra l’énergie de tout ceux qui aspirent au changement pour le voir enfin se concrétiser, autour d’une gauche forte.

 

 

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Discours d’introduction à l’Université d’été du PS – 2011

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Parti Socialiste

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Cantonales, Front National, et leçons pour l’avenir…

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J’ai un peu de mal avec les analyses de ceux (la droite, les grands média) qui nous parlent d’abstention après s’être eux-mêmes abstenus de parler de l’élection.

Mais depuis dimanche 20h, nous sommes entrés dans un « débat politique » sur l’attitude à adopter vis-à-vis du FN.

Ce débat est légitime, j’y reviendrais après. Mais il masque le seul et unique clivage qui devrait avoir lieu : celui entre la droite et la gauche.

Revenons aux résultats : mon premier choc vient du fait que l’abstention est forte (mais un vote sur la moitié des cantons, concept peu habituel au quotidien, sans débat politique réel préalable, peut-il mobiliser ?).

Le Front National fait un score très important, il encore trop présent dans des seconds tours, et parfois même après être arrivé en tête. Malgré l’abstention, ce parti est en voie de « normalisation » dans le comportement électoral des électeurs.

Ce qui m’inquiète vraiment, c’est le faible nombre de personnes qui votent à gauche, quel que soit le parti politique, et l’impression que nos dirigeants n’ont pas saisi les enjeux de la période.

Je vais donc essayer de brosser quelques leçons de ce scrutin, qui demanderont à être confirmées après le second tour.

Ce qui me frappe, c’est que la gauche ne réussit toujours pas à imposer ses thématiques. Pourtant le contexte y est extrêmement favorable ! Les thématiques des Conseils Généraux (aides sociales, éducation…) sont parmi les premières préoccupations des français. Ils sont les meilleurs remparts à la politique de la droite. Celle-ci est enferrée dans les polémiques, et ne peut plus porter de combats politiques.

Nous avons donc un boulevard pour imposer notre projet ! Il nous faut marteler au quotidien un projet en positif, autour de trois messages pivots:

- La gauche, c’est un meilleur emploi, et pour tous, ainsi qu’une meilleure redistribution des richesses par une hausse importante des salaires, en particulier les plus faibles.

- Face aux désordres économiques, le politique doit imposer des principes d’égalité : les faibles, les petits, les différents sont systématiquement mis de côtés par le système. La gauche les mettra au cœur de son projet !

- Ceux qui sont en opposition avec ces deux premiers principes doivent être combattus quotidiennement, sur les terrains politiques, institutionnels et culturels, et dans les consciences ! Et ceux qui sont convaincus par ces principes doivent s’unir (par le temps d’aller plus loin là-dessus, mais l’union de la gauche est évident une nécessité).
Face à cela, nous devons évidemment décrypter la politique du camp d’en face. Nous devons évidemment dénoncer les doubles discours de l’UMP et du FN. Nous avons d’ailleurs des armes contre ce dernier ; sa doctrine politique est en grande partie mise en place depuis 2007 !

Mais identifier uniquement le discours de la gauche à la « lutte contre le FN et l’abstention » est un piège dangereux, même électoralement. Le FN prospère sur le discours « anti pensée-unique », et nous alimenterions ainsi ce discours électoral. La gauche, le PS (et nous ferions bien de garder ça en tête en 2012…) ne doivent jamais être le camp du « main-stream » !

Ainsi, tout comme l’unique message anti Sarkozy n’a pas empêché celui-ci de l’emporter, le simple discours anti-FN, la peur de la peur, comme en 2007, ne suffiront pas à empêcher de plus en plus d’électeurs de porter leur suffrage sur ce dernier. Et nous nous retrouverons à encore devoir choisir entre les deux au second tour de la présidentielle de 2012.
En résumé, si le PS et la gauche doivent s’identifier à un discours politique, c’est à la mobilisation des classes populaires pour une politique de gauche qui apparaissent comme une alternative forte à la politique de l’UMP. Pour le deuxième tour des cantonales, le discours doit être « mobilisation de tous les électeurs pour une politique sociale et pour punir la droite ». Cela n’empêche pas de dire que, sans complexe, on ne met pas de signe égal entre le FN et les autres partis et qu’on ne s’abstiendra pas au deuxième tour.

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Etre à la hauteur

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Jean-François Copé est président de l’UMP, le parti majoritaire à l’Assemblée Nationale. Il a donc la charge de diriger le parti de la majorité politique de la France, et à cet égard, a certaines responsabilités quand à la conduite des affaires nationales.

Ce responsable politique s’attaque à une affiche du MJS Vienne, et fait même circuler une pétition pour interpeller Martine Aubry et Laurianne Deniaud.

Autant l’avouer immédiatement : cette affiche n’est pas acceptable. Nous avons donc demandé aux camarades de la fédération concernée de bien vouloir arrêter de la coller. Nous l’avons dénoncé publiquement dès qu’elle nous a été portée à connaissance. Elle n’a rien de répréhensible légalement; mais le sous-entendu est trop fort, et décrédibilise la critique nécessaire de l’action du gouvernement et du chef de l’Etat. On ne peut pas comparer la politique de Sarkozy avec celle d’Hitler. C’est d’ailleurs ce que nous disons dans le communiqué de presse.

Explication de pourquoi cette campagne est sortie, réaction, explication de notre attitude immédiate… Nous avons été très clair depuis hier.

Pourtant aujourd’hui, une pétition circule pour demander des explications à Martine Aubry.

L’attitude de l’UMP m’interroge.

Les Jeunes populaires sont sous la coupe de l’UMP; qu’ils ne comprennent rien au fonctionnement du MJS est une chose que l’on peut donc aisément comprendre.

Mais l’UMP fonctionne avec des fédérations. Chaque jour, elles sortent des campagnes, des tracts, et, scoop, lors des élections locales, chaque candidat(e) ou liste fait comme il lui chante. Et ce n’est pas parce qu’actuellement, le logo UMP n’est pas à la mode sur les affiches des cantonales que l’UMP ne sait pas que dans les organisations politiques, les fédérations peuvent éditer leur propre matériel. On peut trouver ça mal, et préférer une organisation verrouillée, centralisée à l’extreme, où chaque initiative est contrôlée à priori. Ce n’est pas le modèle du PS, ni celui du MJS… ni celui de l’UMP !

La ficelle est trop grosse; un e-mail est parti aux adhérents/contacts UMP pour leur demander d’appeler, le fan-club de Benjamin Lancar se déchaîne sur twitter (avec, encore une fois, quelques perles à glacer le sang de tout ceux qui ont suivis leur cours d’histoire en 4ème)… Qu’ont-ils donc à cacher ? N’ont ils rien d’autre à dire ?

L’histoire du Falcon de Fillon (plus de 20 000 euros pour une destination à moins de 2h de TGV de Paris) ? Le souvenir de la venue de Kadhafi en France alors qu’il mène une guerre civile contre son peuple ?

Le contexte politique est riche, et l’actualité ne manque pas pour une réaction du parti présidentiel.

Si Jean-François Copé souhaite faire de la lutte pour l’exemplarité en politique sa priorité, nous serons les premiers à le soutenir.

Nous avons fait retirer l’affiche. Et lui ?

Va t’il demander la démission de Brice Hortefeux pour condamnation pour injures raciales ? Retirer des sites des jeunes pop toute référence à l’URSS dans sa comparaison avec le PS ? Demander le remboursement des frais de week-end de Fillon et Sarkozy, comme on a demandé à Christian Blanc de rembourser ses cigares ? Demander la démission de MAM pour ses propos scandaleux, ses mensonges et son déplacement pour affaires en pleine révolutions ?

Etre à la hauteur, c’est mettre en pratique ses paroles avec ses actes. Le MJS l’a fait aujourd’hui. Et Jean-François Copé ?

Pour ceux que les petites polémiques lassent, et qui veulent savoir ce que les jeunes socialistes défendent pour la société en  général : http://www.perspectives2012.fr/

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6 mois utiles pour toute la gauche ?

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L’année 2011 est à peine commencée que les échéances situées l’année prochaine occupent déjà tous les esprits.

L’année 2012 sera bien évidemment structurante pour la vie politique française. Dans une Vème République où l’élection présidentielle détermine grandement les élections législatives qui suivent, et où le pouvoir du Président est si important dans la définition des politiques publiques, il est naturel que cette échéance soit dans toutes les têtes et que tous les partis la préparent activement.

Pourtant, j’ai l’impression de tout va un peu trop vite. Un constat d’abord, que personne ne rappelle assez : si on parle déjà du prochain mandat, c’est d’abord que quelque chose cloche avec le mandat de l’actuel locataire de l’Elysée. On ne trouve pas grand monde pour soutenir sa politique et son attitude; le gouvernement tente de faire oublier Woerth, alors que surgissent les affaires Alliot-Marie. La France est moquée partout.

Je fais bien évidemment parti de ceux qui souffrent de cette lente agonie de la vie politique française, et nous sommes nombreux à espérer à nouveau de pouvoir refaire de la politique sainement, mener des débats pour l’intérêt collectif, faire confiance au reste de la société pour nous aider dans la définition permanente de la politique de la France.

Pourtant, si tout le monde à gauche sait que le « tunnel politique » qui mènera jusqu’en juin 2012 commence bientôt, j’ai bien peur que l’on oublie que nous avons encore quelques mois avant de dévoiler notre offre politique.

Celle-ci comprendra bien évidemment un candidat, qui devra se qualifier parmi les deux premiers au premier tour, et l’emporter au second; et la question occupe aujourd’hui suffisamment les gazettes et les discussions entre camarades pour que nous n’oublions pas qu’un choix nous attend à la rentrée prochaine.

Mais nous n’avons pas besoin d’attendre le nom de l’heureux(se) élu(e) pour que nous posions la question centrale pour la gauche : gagner pourquoi faire ?

Si nous gagnons en 2012, ne nous y trompons pas; les agences de notation critiqueront le programme de la gauche, quelque soit son candidat élu; il sera, dans des proportions peut-être différentes selon le résultat des primaires, forcément différent de celui de Nicolas Sarkozy. Elles nous mettront face à un choix : assumer le mandat populaire qui nous a été donné, ou suivre leurs recommendations en terme de politique publique.

Une idée devient une force lorsqu’elle s’empare des masses – Karl Marx

Si nous voulons transformer la société, il faudra une dynamique forte sur le fond; les arguments des institutions financières ne porteront dans le débat publique que si nous n’avons pas tracé des perspectives suffisamment fortes, en nous appuyant sur notre opposition résolue aux politiques de la droite depuis 2007, et à notre propre capacité à porter une alternative politique.

Il nous faudra aussi une dynamique collective à gauche, et faire en sorte que nos « 100 premiers jours » ne s’enlisent pas dans la recherche d’un rapport de force permanent entre les trois composantes majeures de la majorité politique (socialiste, communiste, écologique) dans la définition des politiques publiques.

Alors pour cela, le chemin est simple, et nous n’avons pas besoin d’un candidat pour le suivre. Nous avons des partis, et des responsables à leur tête.

Il nous faut dès aujourd’hui travailler à un accord de gouvernement, un programme pour les 100 premiers jours, une méthode pour le mandat et un projet pour le pays. Nous avons jusqu’au mois de juin pour cela.

Je suis sûr que le PCF nous suivrait sur cette fois, que les écologistes y participeraient avec plaisir, et que les camarades du Parti de Gauche nous suivraient dans cette voie. Ce débat, avec le pays pour témoin, mettrait la gauche en dynamique dans un projet de transformation sociale radicale. Ils préparaient, sur la base de nos thématiques, le débat des primaires et de l’élection présidentielle; ils donneront une impulsion déterminante pour le candidat de la gauche du second tour ; ils nous permettraient d’imposer une rapport de force immense dès le début du mandat pour ne pas céder aux injonctions des insitutions financières.

Les débats ne seront pas simples ! Et les arrières-pensées toujours là.

Mais aucun argument ne peut s’opposer à cette proposition. Chez les socialistes, malheur à celui qui s’opposerait à une proposition partagée par toute la gauche ! Chez les autres organisations politiques, comment critiquer le processus de désignation du candidat socialiste, et dans le même temps refuser de discuter autour d’une orientation politique ? Surtout, les critiques porteraient dès lors, d’un côté comme de l’autre, sur les propositions concrètes des partis, et pas sur la ligne supposée de leur candidat. Dès lors les convergences seraient plus simples à trouver quand elles existent…

Le Parti Socialiste termine ses conventions (au passage un travail de qualité, assurément utile à toute la gauche pour l’instant) en mai prochain. Son candidat sera connu en octobre. Les autres formations politiques font le même travail; c’est heureux, car la responsabilité de l’alternative politique doit être portée par tous. Il est encore temps de le faire ensemble, car nous gouvernerons ou perdrons ensemble.

Pas de faux débat : l’objectif n’est même pas d’aboutir à une proposition ficelée en juin 2011; d’abord parce que le temps manque; ensuite parce que la logique de la Vème ne le permettrait pas complètement; enfin parce que tant que les candidats ne sont pas désignés, personne n’accepterait un accord total.

Alors, camarades communistes, écologiques, de gauche… Si on discutait du programme, d’une méthode, d’un projet ?

Et mes camarades socialistes : êtes-vous prêts à assumer cette démarche ?

A votre avis, existe t’il un espoir pour la paix au Proche-Orient ?

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Pas un camarade qui ne commence chaque discussion avec cette lancinante question, la seule d’ailleurs qui nous servait de guide lors de ce voyage d’étude. La paix a t-elle une chance ?

Je vais essayer d’identifier les points de blocages dont nous avons pu discuter lors de notre voyage.

Au préalable, je vous invite à lire une de mes notes consacrée à ce sujet, qui date de  septembre dernier; je ne retire aucun mot de ce que j’ai pu écrire à l’époque. Un autre document me semble aussi extrêmement utile à consulter : les « accords de Génève » (le lien redirige vers le texte en français), proposition élaborée par d’anciens dirigeants palestiniens et israéliens sur les points d’achoppements.

Je vais assez vite sur la question des frontières : des accords sont possibles, et demandent à chacun des sacrifices. C’est d’ailleurs tout l’enjeu de la colonisation. J’ai été rassuré sur un point : un accord de paix inclurait de facto le démantèlement des colonies présentes sur le territoire  défini de la Palestine; ceci est accepté par tous, à tel point qu’un marché spéculatif s’est formé dans l’investissement immobilier dans les colonies (le démantèlement donnerait lieu à une indemnisation par le gouvernement israélien…). Et quand bien même chaque concession de part et d’autres serait disséquée, étudiée, critiquée, (et j’inclus Jérusalem dans ce propos, au sujet de laquelle la communauté internationale doit inventer des solutions) un accord global emporterait l’assentiment de la majorité des gens, qui aspirent à vivre en paix.

La question de la volonté ou non d’aboutir à la paix de part et d’autres est aussi un sujet de débat. Ma certitude est toujours que, si la volonté de faire la paix avec ceux d’en face peut-être questionnée, la volonté de vivre soi-même en paix est manifeste. Israël pensait résoudre l’équation (vivre en paix sans la paix) avec le mur de sécurité; mais celui-ci revoit sa propre responsabilité à la société israélienne dans la dégradation des conditions de vie des palestiniens, et la radicalisation des discours anti-Israël.

La question de la sécurité des deux états est aussi importante; mais aucun autre pays ne se presse pour assumer la mise en place d’une force de paix transitoire (alors que nos soldats ne sont encore tuer en Afghanistan, et sont encore présents en Irak).

Des solutions existent. La confiance mutuelle, par contre, est inexistante.

Je vais volontairement vite pour arriver à mon questionnement :

Ceux qui doivent mettre en place les solutions de paix sont face à une contradiction très forte : leur discours semble en décalage avec la réalité, celle d’une urgence sociale.

Il y a au final des points communs entre les dirigeants israéliens et palestiniens : ils récusent tous l’implication de la communauté internationale dans le règlement politique (limitant leur action aux « photos et à l’argent pour reconstruire », ce qui est évidemment indispensable); ils pensent tous que le temps aidera à trouver un accord, tant la défiance entre les deux camps est forte aujourd’hui.

Cette similitude dans la démarche, peu attendue, nous rassura dans l’espoir d’une paix possible.

Mais, avec le recul, je vous livre des éléments de réflexion; et j’attend les retours en commentaire de tous ceux qui le souhaitent, mon avis n’est vraiment pas fait sur cette question.

Je me demande si cette position commune n’est pas dangereuse.

La situation vécue, dans les camps de réfugiés notamment, est alarmante. Le désespoir du au chômage, les difficultés rencontrées, sont énormes; et le contexte économique mondial n’annonce pas de lendemain plus joyeux.

Peut on se satisfaire d’une position commune qui consisterait à dire : « laisser nous trouver des solutions seuls, mais cela va prendre du temps » ? Ou bien est plutôt au mieux un aveu d’impuissance, au pire une posture intellectuelle pour laisser pourrir une situation qui semble insoluble; ce qui nécessiterait une intervention forte de l’extérieur pour trouver des solutions, car l’urgence sociale est là ?

J’attend votre point de vue !

Abou Gosh – rencontres à la Knesset – notre départ

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J’en termine avec le compte-rendu factuel de nos rencontres avec cette dernière note. Je reviendrai de manière thématique ultérieurement sur les leçons que je tire du voyage.

Après le départ du camp de Balata, nous avons quitté définitivement la Cisjordanie. Nous allons vers Abou Ghosh, ville arabe israélienne, dans la banlieue de Jérusalem, pour aller à la rencontre des enfants de l’association « Beit Ham« .

Cette association travaille avec des jeunes Israéliens et Palestiniens (8 à 20 ans), souvent en grande difficulté (drogue, violence, etc). Ces méthodes sont issues du modèle français de prévention spécialisée. Il s’agit d’associer, de manière pluridisciplinaire le travail social et l’intervention auprès de jeunes.

Les jeunes trouvent dans les nombreux centres en Israël un lieu d’échanges, voire une seconde famille avec des adultes attentifs à ses préoccupations : il s’agit aussi d’une action intergénérationnelle.

Nous avons pu échanger un repas convivial avec les jeunes qui avaient participé à un tournoi de foot en France en décembre dernier, à l’initiative de l’UEJF.

Le maire d’Abou Gosh nous a aussi expliqué les difficulté quotidienne d’une ville à majorité arabe, avec de grandes difficultés sociales, notamment pendant la seconde Intifada; et les pressions fortes qui ont été exercées sur lui, encore plus après la mort d’arabes israéliens lors de la répression de manifestations de soutien. Il ne regrette pas de n’avoir pas cédé, démontrant toute sa volonté de continuer le dialogue entre les peuples.

Le lendemain, nous nous sommes rendu à la Knesset (parlement israélien) pour rencontrer (rapidement) 3 députés : Shlomo Molla (Kadima), Haim Amsalem (ex-Shas) et Einat Wilf (Hatsmaout, nouveau parti de Ehoud Barak). Je reviendrais sur ces rencontres un peu plus tard.

Enfin nous sommes partis pour l’aéroport de Tel-Aviv d’où nous avons décollé (non sans quelques difficultés pour accéder à l’avion…), terminant ainsi ce voyage d’étude.

Palestine : Naplouse et le camp de Balata

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Une fois arrivés à Naplouse, nous nous sommes rendu au Centre Culturel Français, seule institution européenne présente à Naplouse. Le centre permet à des jeunes de prendre des cours de français, organise des événements, rencontres… culturelles en lien avec les autres centres culturels de Cisjordanie. Nous avons rencontré alors Hakim, responsable de l’ONG « Project Hope » qui travaille notamment avec des jeunes du camp de Balata. (Au passage,  pensez à visiter le site internet de l’association).

Ce sont justement ces jeunes, qui ont appris le français via cette ONG et le Centre Culturel Français, qui nous font visiter Naplouse.

Cité importante dans la région depuis des années, le blocus subie pendant neuf ans a étouffé la vie économique, sociale et culturelle de cette ville, et permis au Hamas d’en avoir fait à l’époque un de ses bastions. La ville part donc de loin et cherche un nouveau souffle; le Fatah a repris le pouvoir, et de nouveaux investissements ont lieu (un centre commercial, un cinéma…).

L’atmosphère en cette fin de journée est particulière; les  rues sont quasiment déserte tandis que dans toute la ville résonne l’appel du muezzin. Les occidentaux ne se pressent pas chaque jour encore pour visiter la ville, donc notre petit groupe ne passe pas inaperçu. Une rencontre dans une échoppe d’épices et de produits divers nous rassure sur la bonne image de la France (et la mauvaise image de son président actuel…).

Le sentiment de gâchis est cependant omniprésent lors de cette trop courte visite. Les bâtiments détruits (principalement d’anciennes entreprises) se succèdent, et sur les murs qui tiennent encore sont exaltées les photos des brigades chargées de défendre la ville, ainsi que la mémoire des martyrs…

La pluie tombe encore, et nous ne voulons pas rater la visite du camp de réfugiés de Balata.

Lors de la guerre israélo-arabe de 1948-1949, de nombreux habitants de la région ont du fuir de leur habitation. Mais contrairement au statut de réfugiés donné habituellement par l’ONU, ce statut s’applique aux descendants. Ce qui implique que leur nombre augmente (il ne doit plus rester beaucoup de réfugiés originaux), et que seul un règlement du conflit permettra de régler leur sort.

20 000 réfugiés s’entassent dans ce camp de moins d’un quart de kilomètre-carré, ce qui est fait le plus peuplé de Cisjordanie. L’extreme pauvreté, le chômage de masse, le fait que ceux qui restent sont ceux qui espèrent obtenir le droit au retour (ou une indemnisation) font des camps de réfugiés un problème majeur dans la région, problème toujours passé sous silence dans les média. Le travail des ONG, qui manquent de financement, est à ce titre déterminant, car il constitue la seule bouffée d’oxygène pour ceux qui vivent dans ces camps.  Faire partie d’un groupe de 20 occidentaux se promenant dans des ruelles mal éclairées, parfois larges de 40 cm, quelques jours avec une opération de l’armée israélienne dans la région, est à coup sur d’une des situations les plus fortes qu’il nous ait été de vivre.

Les discussions que nous avons pu avoir nous ont en tout cas convaincu d’une chose : il y a urgence humanitaire à avancer dans le règlement du conflit. Là-bas, les dirigeants politiques semblent bien loin, tout comme la communauté internationale, les martyrs sont omniprésents sur les murs, et Israël a pour seule visibilité les soldats qui viennent mener des opérations.

C’est sous le choc de cette situation inhumaine, presque surréaliste, vécue par les habitants de ces camps depuis plus de 60 ans, que nous quittons la Palestine pour nous rendre à Abu Gosh.

Palestine : Ramallah, rencontre avec Yasser Abed Rabbo

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Notre dernière journée dans les territoires palestiniens commence par la visite de la Mouqata’a de Ramallah, où se trouve le mausolée de Yasser Arafat.

La figure de Yasser Arafat est omni-présente en Palestine. L’OLP s’appuie beaucoup sur son image, parallèlement à celle  de Mahmoud Abbas; la moindre légitimité de ce dernier pour diriger le gouvernement palestinien contribue évidemment à l’utilisation de l’image de Yasser Arafat. Mais Abou Ammar (son kounya, ou pseudonyme) restera celui qui a donné un visage au peuple palestinien, lui a donné un reconnaissance internationale, et a montré qu’une perspective de paix existe entre les deux états.

Notre premier rendez-vous est avec Yasser Rabed Abbo, ancien dirigeant de l’OLP et ancien ministre de la communication de l’autorité palestinienne. Il est notamment partie prenante des accords de Genève.

L’entretien s’est révélé être passionnant. D’abord par l’approche globale de notre interlocuteur; son introduction a commencé par une longue analyse des mouvements en Tunisie et en Egypte, et notamment du rôle moteur de la jeunesse dans ces mobilisations. Cette révolution démocratique peut toucher d’autres pays arabes, et montrer qu’il existe une voie démocratique entre les régimes autoritaires et les régimes islamiques. Selon lui, les jeunes, dans leur ensemble, aspirent au changement en Tunisie comme en Egypte. Quand un régime n’est pas démocratique, qu’une minorité accapare les richesses et que 20% des jeunes diplomes égyptiens sont au chômage, il n’est pas étonnant que la jeunesse se lève, dans des pays où les jeunes représentent 2/3 de la population.

Il regrette à ce titre la position d’Israel. Benjamin Netanyahou, premier ministre israélien, pense au contraire que les turbulences sont négatifs; alors qu’au contraire, il devrait être convaincu que les régimes démocratiques seraient de meilleurs garanties de sécurité pour Israel ?

La jeunesse, en Palestine aussi, aspire au changement. Le monde arabe va voir arriver ce changement, et cela lui apporte beaucoup d’espoir.

« the awakening is here ! »

Yasser Abed Rabbo est ensuite revenu sur la situation de blocage actuelle. Pour lui, le problème n’est pas tant celui des frontières (des propositions existent en ce sens, et la question doit bien évident être traitée) que celui des implantations israéliennes en Palestine. Il fait d’ailleurs du gel de la colonisation un préalable à toute discussion, en soulevant les contradictions du gouvernement israélien : si tout le monde s’accorde à dire qu’un accord est possible sur les frontières, et impliquera le démantèlement de colonies, pourquoi construire des implantations vouées à la destruction ?

On voit d’ailleurs que la question du rapport de force géographique est au coeur du conflit; et que plus le temps passe, les moyens économiques mis en place pour les colonies, ainsi que la mainmise militaire sur la Palestine (mur, check-points…) ne jouent pas en faveur des Palestiniens.

Le deuxième point dur pour un accord concerne la question des réfugiés, du statut des palestiniens citoyens d’Israël, etc… On touche ici sûrement au point où les incompréhensions mutuelles sont les plus fortes, et où le manque de confiance accentue la difficulté à trouver un accord. Là où d’un coté on souhaite un état dont une des missions est d’accueillir tous les juifs (j’évite toute référence aux concepts « état-juif », « état pour les juifs »…), de l’autre on cherche à assurer un droit au retour pour les réfugiés présents dans des camps construits dans l’ensemble des pays arabes, et une égalité de traitement pour les citoyens de cet état, quelque soit leur origine ou religion. Le manque de confiance est ici flagrant; et si on ajoute à ça que la définition du peuple juif (peuple, communauté religieuse, nationalité, citoyenneté ?) varie selon les interlocuteurs israéliens, la question devient extrêmement compliquée, mais j’aurai l’occasion d’aborder cette question plus tard.

Yasser Abed Rabbo est enfin revenu sur la question épineuse de la sécurité. Pour lui, il est hors  de question que l’autorité palestinienne revienne sur ses engagements en matière de maintien de la sécurité et de lutte contre le terrorisme. Il concède bien volontiers que les résultats des élections de 2006, et la victoire du Hamas, sont la conséquence d’erreurs de la part de l’OLP, et qu’ils ont tirés les leçons du passé en matière de gestion de l’état, de sa sécurité et du traitement social des palestiniens.

Mais au final, il n’est pas dupe : la sécurité n’est qu’un argument pour Israel pour justifier de repousser systématiquement les discussions.

Il insiste : il ne veut plus de déception. Seuls le Hamas et Lieberman sont gagnants dans cette situation. Il faut un accord sérieux, et cela est possible.

Il insiste (et c’est un point commun avec Begin) sur le rôle de la communauté internationale. Ce sont « les pires marieurs », et il n’en a besoin que pour « l’argent et la photo ». Les négociations peuvent avoir lieu entre les deux parties. Même la question de Gaza se réglera facilement; en cas d’accord, la pression globale pour la paix sera trop forte partout pour qu’un processus avec du sens soit entravé.

Pour conclure, il rappelle que tout est négociable, sauf l’essentiel : il faut 1 véritable état viable pour la Palestine, en Cisjordanie et à Gaza.

Après notre entretien, nous avons pu nous entretenir en petits groupes avec des étudiants et jeunes palestiniens. Il s’est vite avéré que ces jeunes (soit des enfants de dirigeants du Fatah, soit des assistants politiques du Fatah…) avait un message plutôt bien préparé, notamment sur leur quotidien. Mais après plus d’une heure et demie de débat à bâtons rompus avec eux, sur leur vie quotidienne, leur vision d’Israël et les perspectives de paix, nous avons pu mieux cerner leur réalité difficile et le fatalisme face au conflit et à une improbable issue du conflit.

Après ces rencontres, nous sommes parti vers Naplouse sous une pluie torrentielle… je reviendrai sur cette deuxième partie de la journée dans une prochaine note.

Jérusalem – Palestine

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Je retrouve enfin un (véritable) accès internet gratuit ! Juste un mot pour vous dire que vous pouvez retrouver mes photos et celles de Romain ici.

Aujourd’hui (29 janvier) nous avons enfin visité la ville de Jérusalem, ville époustouflantes pour ses nombreux monuments religieux (d’autant plus que la ville est centrale pour les trois grandes religions monothéistes), ses différents quartiers, le contraste entre l’histoire et le présent… Nous avons passé la matinée à visiter la vieille ville de

Jérusalem (je vous laisse découvrir les photos).

Avant de partir de Jérusalem pour essayer de nous rendre à Hébron (dont l’accès avait été fermé la veille suite à la mort de deux Palestiniens par un colon), il nous a fallu traverser la ville et ses quartiers. Partant de l’église du Saint-Sépulcre pour nous rendre porte de Damas pour chercher un moyen d’aller à Hébron, nous avons été saisi par le contraste entre les différents quartiers, au détour d’une rue, d’un carrefour. En 10 min de marche à peine, on passe ainsi d’une place remplie de touriste à un marché arabe typique, en passant par un long passage du quartier juif.

Arrivés à la porte de Damas, nous constatons qu’aucun bus ne se rend à Hébron aujourd’hui encore. Après quelques négociations rapides, nous trouvons un conducteur qui accepte néanmoins de nous y amener.

Après quelques minutes, nous passons le check-point très facilement (nous ne sommes même pas arrêtés, contrairement à de nombreux véhicules dans l’autre sens).

La route que nous suivons est encadré dans le mur de sécurité pendant quelques kilomètres. Une fois la vue a nouveau dégagée sur notre gauche, nous apercevons au loin une colonie israélienne; gigantesque citadelle blanche au milieu du désert, comme suspendue au dessus du sol…

Au détour d’un rond-point, une forte présence militaire israélienne barre la route. Impossible de continuer la route pour les voitures; et malgré notre volonté d’expliquer au soldat le but de notre présence, le chauffeur fait demi-tour sans insister.

Nous décidons de nous rendre à Bethléem, ville majoritairement composée de chrétiens. L’entrée dans la ville se fait par un check-point… palestinien, présence plutôt symbolique qui amène ce commentaire de notre chauffeur, Ahmed :

« Ici, nous n’interdisons à personne d’entrer ! »

Ahmed vit à Jérusalem-Est. Il y est né, et a donc la citoyenneté israélienne. Ses parents, comme de nombreux arabes vivant à Jérusalem, sont restés sur place après la guerre de 1948. Les échanges avec lui synthétisent bien les discussions que nous avons eu avec les habitants de Bethléem. Pour lui, la situation s’est nettement améliorée pour les habitants de Jérusalem-Est et des environs. Les déplacements sont plus faciles, mais chaque ville peut être fermée en un éclair, pour des durées indéterminées. Pour lui, la question des frontières n’est pas un véritable problème : les révélations récentes montrent bien qu’un accord n’est pas impossible. Il en va de même pour pour les colonies.

Pour Ahmed, la question est celle de la nature d’Israël. Etat juif, état des juifs, état pour les juifs… Les différences importent peur pour lui qui veut vivre en paix là où il est né, et se sent discriminé, rejeté par cette définition. Il pense même que l’acceptation d’Israël comme état juif signifierait même son expulsion immédiate.

Nous remontons vers Jérusalem par une route qui longe le mur de sécurité. Contraste saisissent entre des maisons d’une banlieue prospère de Bethléem, et ce mur de béton où les jeunes viennent écrire leur colère. Notre volonté poussée de prendre des photos du mur (il faut dire que rester bloqué 30 minutes à voir les voitures contrôlées une par une n’est pas très passionnant) sera d’ailleurs remarquée : il nous faudra montrer au soldat du check-point les photos prises pour pouvoir récupérer nos passeports.

La soirée s’est terminée par une réception au consulat de France à Jérusalem, en présence du consul Rémy Desagneaux, qui s’est prêté au jeu des questions-réponses. Rappelant la position de la France (2 états avec une capitale commune, Jérusalem, sur la base des frontères de 1967), il est revenu sur le travail de la France, notamment sur la question des fonds internationaux à destination de la Palestine.

Demain, une grande journée nous attend : Ramallah (et notamment une rencontre avec Yasser Abed Rabo), Naplouse et le camp de réfugiés de Balata, suivie d’une soirée à ABou Gosh.

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